Le Métier de Libraire

Le métier de libraire : en quoi ça consiste ?

Ah libraire. Quel beau métier. Métier passion, métier vocation…. C’est vrai, c’est vrai ! Mais un métier où les clichés s’enchaînent. Et où la méconnaissance du public amène parfois de sacrées situations. Cet article est là pour vous donner toutes les infos nécessaires dans le cas où vous voudriez vous lancer dans cette folle et belle aventure ou, tout simplement, si vous êtes curieux d’en savoir plus.

Comment je suis devenue libraire ?

Ma toute première expérience en librairie c’était lors d’un stage d’un mois dans le cadre d’une formation professionnelle en rapport avec la vente. J’ai découvert les bases du métier et l’existence de l’INFL (l’Institut National de Formation de la Librairie). Là-bas, on y apprend le métier de libraire (via un CAP, un Bac Pro ou une licence), on y suit des formations pour reprendre ou ouvrir une librairie….

J’ai décidé de postuler pour une formation rémunérée d’un an en CAP que j’ai décrochée. Il s’agissait d’une alternance 3 semaines en entreprise et 1 semaine en cours. J’ai dû trouver un patron pour valider mon inscription. Cette étape peut être déstabilisante car les places sont peu nombreuses et les demandes importantes. Il faut s’y prendre tôt. Pour ma part, j’ai appelé toutes les librairies dispo sur Paris avant d’être prise chez ALBUM (celui anciennement situé au 84 boulevard Saint Germain). J’y suis restée deux ans et demi (1 an en alternance et 1 an et demi en CDD) puis je suis partie améliorer mon expérience ailleurs.

En quoi consiste le métier de libraire ?

Contrairement aux idées reçues, un libraire ne passe pas toute la journée à lire. On aimerait bien ! Mais il y a beaucoup de choses à faire. Il faut réceptionner les nouveautés (il y en a des centaines par semaine) et ce qu’on appelle le réassort (les livres vendus que l’on a recommandé la semaine précédente), les mettre en rayon, sur table, en vitrine…. Il y a aussi les livres qui ne se sont pas vendus et que l’on doit retourner chez les fournisseurs avant la date limite, les rendez-vous avec les représentants des éditeurs où l’on nous présente les futures sorties que l’on doit commander, la gestion des chiffres (les meilleures ventes, l’évolution du chiffre d’affaire….), l’organisation d’événements comme les dédicaces, l’animation des rayons (refaire les tables, préparer les mises en avant, les coups de cœur….), tout ça, en plus de renseigner les clients. En général, on ne s’ennuie jamais car il y a toujours quelque chose à faire !

Comment devenir libraire ?

Il y a plusieurs moyens permettant de devenir libraire. Vous pouvez passer par l’INFL comme je l’ai fait, postuler comme renfort pour les grosses périodes (rentrée scolaire, noël…), faire des études en Métiers du livre ou postuler dans des GSS (grandes surfaces spécialisées) comme fnac ou Cultura où on peut vous prendre à l’expérience ou à la motivation. Ne vous fiez pas au « secteur sans débouchés » que l’on vous sortira. Comme partout ailleurs, il y a des périodes où le recrutement est plus fort ou plus faible. Mais il y a toujours moyen de trouver un poste. Démontrez que vous êtes motivés, passionnés, que vous avez de la culture et vous avez toutes les chances de votre côté !

Les avantages du métier de libraire

Je ne vais pas vous le cacher, si l’on appelle le métier de libraire, métier « passion » c’est bien parce que ça ne paye pas des masses. Un libraire touche à peine plus que le smic et les évolutions de carrière sont peu nombreuses (vous pouvez devenir adjoint, chef de rayon voire directeur dans certaines surfaces comme Cultura mais ça ne sera pas forcément le cas partout). Vous ne deviendrez donc pas riche en faisant ce métier (la richesse sera uniquement intellectuelle). Le seul véritable avantage du métier réside dans ce que l’on appelle les « services presse ». Il s’agit des livres que l’on demande aux représentants. Cela nous permet de découvrir les titres avant leur sortie, de pouvoir vous en parler, de les mettre en avant. Cela nous permet aussi d’économiser une somme folle et de lire des titres qu’on ne lirait pas forcément autrement. J’appelle ça un avantage, mais c’est surtout un outil de travail. Le libraire en a besoin pour faire son métier au mieux. Dernier avantage qui dépend totalement de l’endroit où vous travaillez : une remise sur vos achats. Elle peut aller de 5% (la remise légale accordée par la Loi Lang) à 20 ou 30% selon les endroits. Vous avez également des primes, des tickets restau etc…. le tout en fonction de l’entreprise.

Les inconvénients du métier de libraire

Contrairement aux avantages, les inconvénients sont nombreux ! Mal de dos, fatigue physique, travail le week-end et les jours fériés, horaires décalés, cerveau constamment en mode boulot…. Libraire est un métier qui demande beaucoup d’investissement personnel. Vous aimez sortir, voir des gens ? Vous n’en aurez pas souvent l’occasion. Le travail le samedi est un passage obligé et vous finirez le soir au plus tôt à 18h, au plus tard à 20h (les horaires varient selon l’endroit où vous travaillez. Certains magasins comme Cultura vous permettent de finir à 15h30-16h (mais vous commencez à 7h, c’est très crevant) ou vers 20h30-21h (et vous commencez vers 11h-12h).

Quand vous êtes libraire, votre cerveau est constamment activé en mode pro. Chaque livre que vous lisez est un potentiel coup de cœur, un potentiel conseil, vos réseaux sociaux se transforment en source d’infos, chaque news concernant le décès d’une personnalité, une fête, un prix vous fais automatiquement penser à la mise en avant que vous ferez, aux livres que vous commanderez (je note beaucoup sur mon planner du boulot quand je suis à la maison et j’envoie des mails au boulot pour me souvenir de faire un truc le lendemain). Être libraire, c’est non-stop.

Pourquoi devenir libraire ?

Pour ma part, ce qui m’a fait tomber dans ce métier, c’est ce blog où vous êtes en train de lire cet article. J’ai commencé ce blog au lycée, j’avais 16 ans. J’en ai 31 aujourd’hui. Il a eu de nombreuses apparences, de nombreux noms mais toujours le même but : partager mes belles découvertes avec vous. Et c’est ce que j’aime tant dans le fait d’être libraire. Aider les gens à trouver le livre qu’ils cherchent, à façonner les lecteurs de demain, à faire découvrir des pépites incroyables, échanger, découvrir aussi (on écoute beaucoup les recommandations de nos clients), tout ça, c’est le meilleur. Et ça efface tous les inconvénients !

Voilà, je crois que c’est tout. Vous avez toutes les informations pour savoir si vous voulez embrasser cette belle carrière. J’espère que cet article aura pu vous aider. Si vous souhaitez avoir plus d’infos, si vous avez des questions qui n’ont pas trouvées leurs réponses, n’hésitez pas à me contacter en commentaire sous cet article, sur twitter où je suis très active ou via les coordonnées présentes à droite de cet article. Peut-être serons nous collègues un jour ?

Quelques liens utiles :

9 commentaires

  1. Article super intéressant ! C’est toujours chouette de découvrir la réalité derrière un métier littéraire 😀

    1. Merci ! 🙂

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  5. […] genre à trouver qu’on n’a jamais assez de témoignages, je te propose de découvrir celui de Parole de libraire ! Et n’hésite pas aussi à aller fouiner sur le reste de son blog qui est […]

  6. Gidouille a dit :

    Merci beaucoup pour ce blog et votre parole de libraire 🙂
    J’ai plusieurs questions:
    Pourquoi le salaire de libraire est-il à peine plus élevé que le Smic ?
    Y a-t-il des raisons historiques, sociales, etc. qui expliquent cela ?
    Quelles sont les positions actuelles des syndicats concernant le salaire de libraire ?

    1. Bonjour Gidouille !
      Merci pour votre commentaire et désolée du temps pris pour vous répondre.
      Le salaire de libraire a toujours été très bas. Vendre des livres ne rapporte pas beaucoup. Les libraires ne pourraient pas vivre seulement de la vente de livres. C’est avec la marge plus importante des articles hors livres (papeterie, cartes, petits objets, jeux) qu’ils s’en sortent. Pour les grosses structures, c’est la même raison que pour toutes les grosses entreprises : pourquoi payer correctement quand on peut s’aligner sur le minimum obligatoire. Il existe bien une grille des salaires qui est néanmoins rarement respectée. Les boites jouant sur les intitulés de postes (un libraire en grosse surface sera considéré non pas comme un gestionnaire de rayon (ce qu’il est), mais comme un simple vendeur). Cela permet donc de payer les libraires à peine plus que le smic au lieu de 1800€ à 2000€ bruts qu’ils devraient en réalité percevoir. Malheureusement, les syndicats ne peuvent pas grand chose à ce sujet, ils ont aidés à établir la grille, mais la faire respecter, c’est une autre affaire bien plus complexe.

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