Orpheline, Jane Eyre est recueillie par sa tante qui ne cesse de la maltraiter.
Envoyée en pension, elle y reste jusqu’à ses dix-huit ans. Elle devient alors la préceptrice de la pupille de l’énigmatique M. Rochester, dont elle ne tarde pas à tomber passionnément amoureuse.
Bien que cet amour soit réciproque, les obstacles seront nombreux sur la route des deux amants.
Jane devra faire preuve d’une détermination sans pareille pour surmonter ses doutes et se libérer de ses entraves.

Thèmes : Introspection, Féminisme, Amour impossible, Roman gothique
Trigger warning : Manipulation, folie, violence domestique, Abus psychologiques, mort
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Après ma lecture des Hauts de Hurlevent, écrit par Emily Brontë, j’ai eu fortement envie de découvrir enfin la plume de sa sœur Charlotte. De Jane Eyre, je connaissais l’histoire grâce au film des années 90. J’avais beaucoup aimé l’héroïne et je savais donc que cette lecture serait agréable.
Le plus dur, c’était de choisir la traduction. Pour la lecture de classiques traduits, je porte une véritable attention à la version que je vais lire. Car, si un livre possède de nombreuses traductions, toutes ne sont pas qualitatives. Certaines sont tronquées ou déformées pour correspondre au public de l’époque. C’est le cas des romans de Jane Austen dont l’humour a été gommé et que l’on peut enfin découvrir pleinement dans les nouvelles traductions de Josette Chicheportiche, éditées toujours par Gallmeister dans leur super collection Litera (Orgueil et Préjugés et Raisons et sentiments sont déjà disponibles, d’autres sont à paraitre).
” C’est une expérience très étrange pour une jeune personne de se sentir seule au monde : loin de toutes ses connaissances, ne sachant si elle atteindra sa destination, ne pouvant pour une multitude de raisons retourner là d’où elle vient.”
Pour Jane Eyre, j’avais lu que la version de Sylvère Monod était considérée comme une référence. J’étais partie sur celle-ci quand j’ai découvert que Gallmeister avait ressorti le roman entièrement retraduit. Je ne connaissais pas les travaux de Laure Manceau mais le fait que la traduction soit récente et qu’on la retrouve chez Gallmeister m’a convaincue de choisir celle-ci. Ajoutons à cela que, dans cette version Totem, on retrouve une préface d’habitude réservée à la version Litera (malheureusement non disponible pour ce roman !), un détail que j’apprécie fortement (et que j’espère revoir dans d’autres romans déjà disponibles chez Litera).
Et clairement mon choix fut le bon. La traduction de Laure Manceau est fluide, respectueuse, on plonge facilement dedans et c’est un vrai plaisir à lire.
” Chaque fois que je me réveille, je découvre que ça n’était qu’une mascarade ; je me retrouve seul et abandonné ; ma vie est sombre, solitaire et sans espoir ; mon âme a soif et rien ne la désaltère, mon coeur est affamé et rien ne le sustente.”
Jane Eyre est un roman raconté par sa propre héroïne. Cette autobiographie qui n’en est pas une nous offre une proximité rare avec sa protagoniste et l’on lit Jane Eyre comme si on retrouvait une bonne amie qui nous racontait les dernières nouvelles de sa vie. Inspiré de la vie de Charlotte Brontë, Jane Eyre est un roman en avance sur son temps sur beaucoup de points (Féminisme, traitement des enfants comme personnes à part entière)… On sent la maturité dans l’écriture de Charlotte qui se démarque beaucoup de celle d’Emily. J’ai trouvé ce roman plus profond, plus abouti que Les Hauts de Hurlevent.
Malgré quelques longueurs, j’ai beaucoup aimé ma lecture. J’ai retrouvé la Jane Eyre que j’avais découvert dans les années 90 et j’ai apprécié la découvrir plus intimement. On comprend rapidement comment cette oeuvre a pu devenir aussi populaire à l’époque. Tout y est pour rendre la lecture palpitante : du mystère, de la romance, une héroïne simple à laquelle on s’identifie facilement, un personnage masculin loin d’être parfait mais dont l’histoire personnelle interpelle et un lieu de vie aussi majestueux qu’intimidant, véritable reflet de son occupant principal.
” Ce n’est pas par la violence que l’on vainc la haine, ni par la vengeance que l’on redresse les torts.”
Jane Eyre est un classique que je recommande pour qui voudrait découvrir la littérature anglaise du XIXe siècle. Bien qu’ancien, il se démarque encore aujourd’hui par sa modernité. C’est un livre que je chérirais longtemps !

Edition lue : Totem– (traduction : Laure Manceau) 14.90€
Traduction disponible également chez Gallmeister en ebook (7,99€)
