Trois mots pour résumer son existence. C’est l’invitation qu’une employée d’une maison de retraite sud-coréenne lance à ses pensionnaires. À presque cent ans, Mook Miran pensait emporter ses secrets dans la tombe, mais cette étrangère lui offre une occasion inespérée. Trois mots ne lui suffisent cependant pas, et elle en choisit sept : esclave, reine de l’évasion, meurtrière, terroriste, espionne, amante et mère. Car ce sont autant de vies qu’elle a vécues, autant d’identités qu’elle a dû endosser. Sept facettes d’un destin improbable qui se déclinent sur près d’un siècle, au rythme de l’histoire mouvementée de la Corée.
Affabulations d’une mythomane hors pair ou récit véridique d’une usurpatrice éprise de liberté ? Une seule chose est sûre : avec son héroïne insaisissable, mangeuse de terre affublée de mille noms, Mirinae Lee nous offre un appel sincère au vivre, dans toute sa complexité. Et le portrait virtuose d’un pays déchiré.
Thèmes : Introspection, Féminisme, Guerre, Survie, Corée, Femmes de réconfort
Trigger warning : Violences sexuelles, Mort, Torture, Guerre, Violences
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C’est un roman qui m’intriguait depuis un moment. Je suis passionnée par la culture et l’histoire coréenne, si vous me lisez depuis un moment, vous avez dû vous en rendre compte. Depuis quelques temps, je me consacre à une période bien précise de l’histoire du pays : l’occupation japonaise et, notamment, le traitement des femmes, celles que l’on appelle “Femmes de réconfort“. Ces jeunes filles et jeunes femmes coréennes (mais pas que), enlevées par les japonais et envoyées dans des “stations de confort” pour “soulager” les soldats de l’armée japonaise.
Période extrêmement sombre de l’histoire, les témoignages ne sont pas nombreux tant les survivantes ont été silenciées pendant des années par la société. La reconnaissance des horreurs vécues par ces femmes n’est toujours pas acquise et suffisamment dédommagée. Aujourd’hui les survivantes disparaissent peu à peu et parler de leur vécu est une nécessité.
Dans ce roman aux narrations diverses, on suit le destin de Mook Miran, vieille dame au caractère bien trempée qui décide de parler à une biographe pour écrire son histoire. À travers 8 chapitres, 8 époques, on découvre une femme ayant tout affronté pour survivre. À tel point, que sa biographe doute de la véracité de ces faits. Mais nous, nous le savons, tout est vrai. Terriblement vrai. Via Mook Miran, c’est la vie de centaines de milliers de femmes que l’autrice raconte. Bien que certains éléments soient inventés pour les besoins de l’intrigue, d’autres se basent sur le témoignage ou l’histoire de femmes qui ont véritablement existées. Certaines qui ont survécues, d’autres, non.
Les 8 vies d’une mangeuse de terre est un roman puissant, qui touche au coeur. C’est un livre qui marque, qui terrifie face à la cruauté des hommes, qui montre que l’espoir et la rédemption peuvent apparaître sans prévenir mais surtout, que rien n’est acquis. C’est un roman intime et profondément humain.

Edition Grand format : Phébus – 22.50€ / Poche : Libretto – 11,30€

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