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Les Hauts de Hurlevent, plongée tumultueuse au coeur d’un des plus grands classiques de la littérature anglaise

Par un soir de tempête, qui balaie sans pitié les landes sauvages du Yorkshire, M. Lockwood rend visite au propriétaire de la demeure qu’il vient de louer, le taciturne M. Heathcliff.

L’humeur morose de la maisonnée trahit des non-dits et des colères refoulés. Pire encore, le lieu semble hanté par une certaine Catherine Earnshaw, dont l’ombre bientôt obsède Lockwood. Le jeune homme ne tardera pas à percer le funeste secret de cette famille où se déchaînent depuis des décennies passions et amours interdites.

Unique roman d’Emily Brontë, Les Hauts de Hurlevent est une chronique cruelle de coeurs brisés où la rédemption s’arrache au prix de sa vie.

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Thèmes : Racisme, Vengeance, amours toxiques, roman gothique

Trigger warning : Manipulation, folie, violence domestique et animale, haine, Abus psychologiques, mort

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Longtemps en attente dans ma PAL, la vive polémique autour de l’adaptation de ce roman par Emerald Fennell m’a donné, comme beaucoup, envie de découvrir par moi-même l’oeuvre originale. Ni une, ni deux, j’ai donc sorti mon édition Litera, achetée la version ebook et hop, je me suis plongée dans l’univers des Hauts de Hurlevent pendant environ un mois. De l’histoire, je connaissais les grandes lignes et ce que j’avais pu voir de l’adaptation au cinéma de 1992 avec Ralph Fiennes et Juliette Binoche.

Je savais donc que le livre était considéré comme un classique de la littérature du 19e siècle, seul roman d’Emily Brontë et autant encensé aujourd’hui que considéré comme scandaleux à l’époque. Mais surtout, je savais qu’il n’était, en rien, une magnifique romance comme on tente de nous le vendre depuis quelques temps. L’édition Litera que j’avais choisi pour ma lecture proposait en plus une préface très intéressante remettant le roman dans son contexte historique (une des raisons pour laquelle j’aime beaucoup cette collection que je vous présente ici).

La traîtrise et la violence sont des lances à deux pointes ; elles blessent ceux qui y ont recours plus grièvement que leurs ennemis.

J’étais impatiente de découvrir l’ambiance originale des Landes , le côté gothique et surtout le personnage d’Heathcliff, personnage principal de ce roman. Mais, aujourd’hui, je ressort de ma lecture un poil déçue. Non pas parce que Les Hauts de Hurlevent est mauvais, loin de là. On comprend vite à la lecture sa popularité. Les thèmes sociétaux, la construction des personnages, la description de la vie dans un endroit reculé comme celui des Landes, tout est fait avec talent et minutie. La relation toxique entre Catherine et Heathcliff et ses conséquences sur autant de personnages à travers les années est très intéressante à suivre et à analyser. Mais parce que j’espérais mieux comprendre Heathcliff, son ressenti, son parcours, je suis restée sur ma faim. Rejeté par ses pairs, incompris, considéré comme différent, entrainé dans une spirale de haine et de vengeance qui le consume de l’intérieur c’est un protagoniste et un antagoniste fascinant. Et pourtant, Emily Brontë nous refuse la possibilité de découvrir son point de vue.

La narration utilisée, bien qu’intéressante, a ses limites. J’aurais aimé au moins un chapitre raconté par Heathcliff. Ce choix, amène, à mon sens, un manque de profondeur. Tout se joue sur les apparences et le ressenti. On ne creuse pas plus loin que la surface. Quid des causes autour des réactions de certains personnages ? Ils jugent trop vite et ne sont pas dans la compréhension. Un manque probablement marqué par l’époque. Car, si au moment de la sortie du roman, la vision du public était plus proche des narrateurs, aujourd’hui, avec le recul et l’évolution de la société, il est plus difficile d’accepter certains de leurs jugements. Le lecteur d’aujourd’hui aura plus la volonté de comprendre Heathcliff et sa psyché, l’impact qu’ont eu les nombreux abus sur lui et son influence sur l’évolution des personnages l’entourant que celui de l’époque qui n’y verra que la différence et le côté malfaisant.

Mais Mr Heathcliff présente un singulier contraste avec sa demeure et son genre de vie. […] Je sais, par instinct, que sa réserve provient d’une aversion pour les étalages de sentiments… pour les manifestations d’amabilité réciproque. Il aimera comme il haïra, sans en rien laisser paraître, il regardera comme une sorte d’impertinence l’amour ou la haine qu’il recevra en retour.

Une frustration donc qui a un peu gâché ma lecture sans toutefois la rendre désagréable. Je suis contente de pouvoir cocher la case lue de ma PAL des grands classiques de la littérature. Je compte prochainement découvrir enfin Jane Eyre et comparer le style de Charlotte avec celui de sa sœur.

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Edition lue : Litera – (traduction : François Happe) 38€

Traduction disponible également chez Gallmeister en poche (12.90€) et en ebook (7,99€)

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